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27.10.2016

Björk Digital à Montréal : retour en photos et interview

Jusqu’au 12 novembre, Björk Digital est présentée à la DHC/ART Fondation de Montréal. À cette occasion, Björk a donné deux DJ sets les 25 et 26 octobre au Cirque Éloize.

En marge de la promotion de l’exposition et de la présentation en avant-première de la vidéo Family, Björk s’est entrenue pendant 2h avec les journalistes lors d’une conférence de presse organisée par RBMA dont voici quelques extraits :

A propos des masques

« Puisque je suis la cible des photographes et que nous sommes à l’époque des selfies et des médias sociaux, le masque est pour moi une façon de me protéger... et aussi de me révéler. »

A propos des DJ set

« Je suis la pire DJ au monde »

« Certaines personnes sont nées pour ça. Je suis vraiment flattée de cette opportunité par contre. Je vois un DJ set comme un voyage : je veux mener les gens du point A au point B. Et c’est presque un défi : combien de temps je peux tenir à jouer cette seule chanson ? (Rires) Je voulais faire des choix très minimalistes... Mais je suis devenue nerveuse et c’est devenu... hum... "maximal" »

« Je ne prétends pas être une experte en djing, mais j’aime commencer à un endroit et me rendre ailleurs, exprimer mes goûts et mes intérêts musicaux. J’aime réfléchir aux choix des chansons et à leurs superpositions sonores - comme les chants d’oiseaux. Cela peut être minimaliste et aussi maximaliste ! »

Au sujet de sa méthode de travail

« J’écris beaucoup quand je marche dans la nature. Je laisse ensuite reposer et je vois ce que cela donne. J’ajoute les cordes et les arrangements après. Grâce à la technologie, je peux composer 99,9 % de ma musique dans ma chambre. Et c’est souvent ce qui prend le plus de temps ! »

« Lorsque j’ai acheté mon premier ordinateur portable en 1999, ça m’a libérée. Du jour au lendemain, j’ai pu composer et enregistrer moi-même mon travail dans ma chambre à coucher. »

A propos de ses découvertes musicales

« Je m’estime très chanceuse de pouvoir échanger quotidiennement des conseils musicaux avec des personnes avisées telles Robin Carolan, Alejandro Arca, Alex Ross, etc. En ce moment, j’écoute de la musique minimaliste suisse, exécutée sur des rythmes très lents. Depuis Philip Glass et ses contemporains, le minimalisme peut aussi représenter pour moi une réponse artistique à la société de consommation. »

« Je crois à YouTube, qui permet à chacun de faire des découvertes et des choix. Ce n’est pas une fuite, c’est un besoin. Il m’arrive, par ailleurs, d’avoir le sentiment d’avoir cumulé deux ans de retard, de n’avoir pas assez fait de trouvaille »

A propos de l’Islande

« Je me sens bénie d’y être née. J’aime la qualité de l’air, j’aime l’espace, et j’aime que ce pays n’ait pas d’armée. Avec sa faible population, chacun a un lien plus ou moins proche avec tout le monde. »

« Le nationalisme peut être positif, mais il peut aussi conduire au fascisme. C’est pourquoi il me faut sans cesse réévaluer ma position sur cette question. Mais j’y reviens toujours. »

« J’aime l’Islande. L’air y est pur, il n’y a pas d’armée. Avouez, c’est fou quand même. Tout le monde se connaît. Impossible de s’en sortir si on a fait un mauvais coup. »

Au sujet de ses convictions féministes

« Adolescente, j´étais très active sur la scène musicale locale [...]. Personnellement, j’ai eu tendance à vouloir en faire deux ou trois fois plus que les garçons... Aujourd’hui, je me réjouis d’observer que les choses ont changé. En Islande, par exemple, on assiste à l’émergence de femmes réalisatrices et compositrices, et aussi de groupes de rap féminin. Une avalanche de changements ! »

« J’ai six frères et soeurs [...] ; ma carrière est aussi une affaire de famille, car j’ai eu la chance de pouvoir compter sur elle. Même très jeunes, des membres de ma famille m’accompagnaient en tournée pour s’occuper de mon jeune fils. »

A propos des avancées technologiques

« Je me suis mise à l’ordinateur portable en 1999, ça m’a libérée du studio comme unique lieu de création. Je pouvais alors composer dans ma chambre à coucher et faire en sorte que mes rêves deviennent réalité... »

« Je suis sûre qu’elles peuvent aider en tant qu’artiste, mais je suis également très préoccupée par ses conséquences sur le réchauffement climatique et l’environnement en général. Si on sait fabriquer un iPhone, on devrait savoir comment se débarrasser des déchets liés aux technologies et faire en sorte de vivre dans un monde plus vert. Nous devrions y arriver »

Au sujet du nouvel album

« J’ai presque terminé d’enregistrer les voix »

« L’album a encore besoin de sa bulle. C’est difficile de prendre du recul, de dire où ça va. »

« Il est un peu tôt pour en parler. Il faut laisser les chansons reposer avant de les comprendre. Je suis actuellement en plein processus. Je suis très consciente et curieuse de ce rêve utopique dont je m’applique à célébrer l’irréalité. »

« ...comme un rêve curieux où se mêle le réel et l’irréel […] J’ai envie de célébrer l’irréel, de faire du rêve une réalité ».

« L’utopie, j’y crois. Dans un sens, c’est de savoir ce qu’on veut. Bien sûr, tout ne se réalisera pas. Mais la réalité, c’est un autre truc à gérer. »

Björk disait cependant s’être lassée des orchestrations de cordes.

« C’est comme si j’en avais fait une surdose ».

Extraits des articles publiés sur lapresse.ca, ledevoir.com et le huffingtonpost.

 
 
 

23.09.2016

Interview de Björk pour Noisey

À l’occasion de l’exposition Björk Digital à Londres, Björk s’est entretenue par téléphone avec Noisey.

Lors de l’interview, elle a abordé l’intimité créée par la réalité virtuelle :

Tout dépend du contenu, la réalité virtuelle peut être très effrayante et isoler les personnes, mais elle peut être aussi l’opposé : créer de l’intimité, de la proximité. C’est donc à nous de penser ce contenu. De la même façon, les livres peuvent être également vus comme une source d’isolement, non ? Par exemple, les férus de livres dans ma famille, ne sont pas vraiment des experts en communication humaine, si quelque chose ne va pas, ils iront s’isoler dans une pièce pour lire. La réalité virtuelle est comme les livres : il y a de mauvais livres et il existe des chefs d’œuvres qui vous marquent à vie. Et c’est encore plus vrai avec la musique, si un musicien a la possibilité de vous jouer sa musique, d’une manière intime, rien que pour vous. Cela peut vraiment vous toucher, presque plus qu’un concert.

Björk s’est exprimée sur les nouvelles opportunités pour les musiciens et les artistes grâce à la réalité virtuelle et aux technologies :

Il y a peu de choses positives qui se produisent dans le domaine musical en ce moment. Je suis chanceuse, j’appartiens à la génération qui a un toit. Lorsque j’observe les jeunes de 20 ans, leurs perspectives sont sombres. J’ai cette théorie qu’au départ, tous les systèmes veulent être bons. Le communisme et le capitalisme voulaient réparer le monde ; puis ils sont devenus mauvais, ils se sont figés dans la routine et la bureaucratie et les mauvaises personnes les ont manipulés pour leur propre intérêt. C’est toujours la même histoire qui se répète. Il s’est passé la même chose dans l’industrie musicale. Aujourd’hui, je vois de nouvelles opportunités grâce à la technologie ; la réalité virtuelle et les caméras 360° offrent d’énormes possibilités. Un jeune musicien peut donner un concert depuis sa chambre à un public à l’autre bout du monde ! C’est une autre manière de se faire connaître, de se libérer des carcans et de faire des choses plus intimes. De la même façon que Skype a révolutionné le téléphone : la réalité virtuelle est le Skype à 360°.

Sans oublier de parler du son à 360 degrés :

On parle toujours plus du côté visuel. J’y suis habituée. Mais le son à 360° est une chose vraiment excitante pour un musicien. Mixé un morceau en stéréo est souvent une recherche de compromis, alors qu’à 360° le son vous entoure et cela permet de briser les limites des technologies précédentes. Les technologies se succèdent et apportent à chaque fois un peu plus de liberté, afin de construire une œuvre toujours plus proche de son idée originelle.

En conclusion, elle est revenue sur l’écriture de Vulnicura VR, mais également sur l’avancée du prochain album.

Vulnicura est différent de mes autres albums. Je l’ai écrit plus vite que tous les autres, et je voulais aussi en finir au plus vite. C’est l’album pour lequel j’ai fait le moins de concerts, parce que je n’aime pas me plaindre. Donc, j’ai fait quelque chose comme douze ou quinze concerts... (ndlr. 17 pour le moment) Je me suis demandé s’il y avait une autre façon d’aborder les choses ? Si je me filme en réalité virtuelle en train d’interpréter ces chansons, alors je n’aurai à le faire qu’une seule fois. Au lieu de monter sur scène à chaque fois, je pourrai exposer ces vidéos. Cela me permet de me concentrer sur des énergies plus positives et écrire de nouvelles chansons. Au lieu de me complaire dans une merde négative, j’écris de nouvelles choses, c’est beaucoup plus productif. Je consacre la plupart de mon temps à mon nouvel album, qui en est à un stade assez avancé.

Lire l’article complet en anglais sur noisey.vice.com

 
 
 

20.02.2016

Björk a déjà travaillé sur trois nouveaux titres avec Arca pour le nouvel album

En décembre, Björk confiait à Rolling Stone travailler sur un nouvel album. Elle avouait avancer à son rythme sans pour autant préciser la direction ou les éventuelles collaborations.

Dans le numéro anniversaire d’AnOther Magazine sorti hier, Björk se confie à la comédienne Julia Davis en révélant quelques infos. Elle aborde notamment le prochain album en évoquant avoir déjà tavaillé sur 3 nouveaux morceaux avec Arca, déjà présent sur Vulnicura.

Voici un extrait de la conversation à propos du nouvel album :

I’m writing my next thing. I’m still allowing myself to be a submarine ; I don’t totally have the view of it yet. It’s funny, each album is different for me. Like, what come first ? With this one it’s maybe the melodies. This is very abstract, but the melodies have a similar kind of shape. But it’s really early one, and I don’t even know if I should say, but I have got three songs down with Alejandro (Arca) who I worked with the last album (Vulnicura). The last album, we sort of call it "hell" - it was like divorce ! So we are doing paradise now. Utopia. We have done hell, we have earned some points.

merci à mike pour l’info ;)

 
 
 

12.12.2015

Björk travaille déjà sur le prochain album

Dans une interview accordée à Rolling Stone, Björk confirme tourner la page sur l’ère Vulnicura. Elle planche déjà sur le prochain album. Elle a déjà commencer à composer des nouveaux morceaux dans une maison en pleine nature à 40 minutes de Reykjavik mais elle précise travailler à son rythme. Aucune date de sortie n’est encore envisagée.

"I have a few songs, but the way I work, I’m slow. I allow myself time. I cannot promise when this one will be ready. But it’s kind of lulling, it’s going to its own little tempo. It’s pretty similar to the tempos my previous albums have been written in."

Interview en anglais à lire en intégralité sur rollingstone.com.


Björk a également réagit sur la COP21 dans une autre interview inédite à lire sur franceinter.fr.

Quels combats menez-vous en Islande ? L’Islande est-elle en danger ?
Ce pays est resté vierge pendant quasiment trois cents ans et les responsables veulent nous faire vivre désormais une révolution industrielle. C’est la différence avec l’Europe.

L’Islande est un pays où il y a des projets d’installation énergétique dans le centre contre lesquels je me bats.

Il y a 2 ans et demi, ils ont élaboré une douzaine de projects avec des usines, dans les highlands, et l’île risque de devenir aussi industrialisée que les villes européennes. J’essaye donc depuis quinze ans d’utiliser ma position pour parler de cela. C’est mon devoir de le faire !


Dans une autre interview au Sidney Morning Herald, Björk révèle la vraie raison de l’annulation de la fin de la tournée Vulnicura. En effet, elle a souffert de nouveaux problèmes de voix.

It was her voice, she says, that meant she had to wrench herself out of the tour.

Three years ago, she had surgery to remove a polyp on her throat. "I just got instructions from the operation that any time I get scrappy, stop," she says. "So listen to yourself and then you are fine." There was an internal battle, she says, between her "wilful, workaholic" side and "the other person, the instinctual side that knows that OK, you are crossing a line". So she stopped, switched gears and plunged back into the material she had written three years earlier and, only a few months before, could barely discuss without weeping. "And it actually was quite nurturing to just sit there and, while my voice was getting back to normal, slowly edit the string thing.