Les arènes sous le charme de la fée Björk
Plutôt cool et largement post-ado, le public (pas loin de 10 000 entrées) du premier des deux shows nîmois de Björk (mais le second à avoir été programmé...). Manquaient visiblement les cohortes de fans (plus extravertis ?) ayant pris leur billet pour demain soir. Après la première partie assurée (sans trop d’impact) par la chanteuse anglaise MIA, il fallait bien une série de "Ola" pour faire monter la température, opportunément radoucie sous un ciel redevenu moins menaçant. A 21 h 35, sous les frondaisons d’oriflammes aux motifs d’animaux marins, une étrange tribu de choristes et de souffleurs de cuivres, portant d’amples vêtements, Prend place à droite de la scène, inondée de lumières rouges. De la gauche déboule alors Björk, impatiente d’en découdre, tel un feu follet, flottant dans une sorte de poncho vert, ses cheveux bruns fouettant ses joues. Mais c’est pourtant dans une atmosphère clair obscur que se déroule le début du show. Des gradins les plus éloignés, on a même du mal à distinguer les traits de la petite fée islandaise. La scénographie est d’un dépouillement inattendu. Mais peu à peu, dans cet entrelacs d’instruments à vents, de grondements de basses, de beats électroniques, de harpes celtiques, l’effet conjugué de sa remuante présence et de sa prenante voix, habitées par on ne sait quel esprit chamanique, happe les sens.
M. C.
« Ses apparitions sont si rares qu’il faut en profiter »
On leur avait prédit la pluie, c’est finalement sous un soleil timide que les inconditionnels de Björk ont attendu l’ouverture des portes, à 20 h 30. Sur le parvis des arènes, une foule se masse progressivement pendant tout l’après-midi. Jeux de cartes, lecture, sieste, glaces ou même jonglage, tout est bon pour patienter jusqu’au soir. Danny et Julia deux étudiants anglais, sont venus dès midi voir s’il y avait du monde. Ils ont décidé de revenir vers 15 heures. « C’est plutôt tranquille, mais on tient à être bien placés. Ses apparitions sont tellement rares qu’il faut en profiter au maximum. On a fait Liverpool-Nîmes pour l’occasion. » Livres à la main, Olivier et Sébastien sont arrivés à 16 heures « pour être le plus près possible de la scène, dans la fosse ». Les deux lycéens venus de la Côte d’Azur, ont eu de la chance : « On avait des places pour jeudi, mais on les a perdues ! On a réussi à racheter des tickets au dernier moment. Maintenant, on ne bouge plus ! ». De l’extérieur, les arènes éveillent les curiosités. « J’ai hâte de voir à quoi ça ressemble, commente Caroline, venue de Toulon. C’est une double première : la première fois que je vois Björk et la première fois que je rentre dans les arènes ». Frédérique et Julien, pourtant parisiens, ont choisi de venir à Nîmes. « On connaît le lieu de réputation. C’est une vraie occasion de voir une artiste aussi atypique dans un tel lieu. On ne serait pas venus si le concert avait eu lieu dans une salle plus classique ». Julien partage son enthousiasme : « Au XXIe siècle, c’est un peu magique de savoir qu’on va voir un concert dans des arènes. » Entre averses et éclaircies, les fans patientent... Et s’impatientent. « J’aurai dû prendre un jeu de cartes ! » s’exclame Marina, venue de Loire-Atlantique exprès pour le concert. Contre les barrières, certains prévoyants ont installé des couvertures et commencent une sieste. L’après-midi traîne en longueur mais au bout de l’attente une certitude : leur patience sera récompensée !
Léa OUTIER
