Les Inrockuptibles n°999

Björk publie son nouvel album par surprise : interview

Après qu’il a leaké en fin de semaine dernière, le nouvel album de l’artiste islandaise est finalement publié légalement aujourd’hui. Interview pour évoquer “Vulnicura”, qui ne devait sortir qu’au mois de mars.

La semaine dernière, Björk confirmait la sortie de son nouvel album, Vulnicura, pour le mois de mars. Elle en profitait pour lâcher quelques détails et donner une poignée d’interviews par téléphone, histoire de nous faire patienter un peu. Sauf que quelques heures après son dernier coup de fil, pas de chance, l’album leake et se retrouve dans le tourbillon des internets. Du coup, Björk a décidé de prendre les choses en main et d’avancer la sortie de Vulnicura. Celui-ci est donc disponible dès maintenant en digital.

C’est sur sa page Facebook qu’elle en fait l’annonce tout en distribuant quelques remerciements. Elle en profite aussi pour évoquer son travail sur ce nouvel album – chose également faite, dans le détail, avec nous la semaine dernière. Dans l’interview ci-dessous, Björk parle de son album précédent et de ses nouvelles chansons, de son producteur Arca et de la rétrospective qui lui sera bientôt consacrée au MoMA de New York.

Quel bilan fais-tu de ton dernier album, Biophilia ?

Au début, je ne savais pas vraiment ce qui allait arriver, c’était un album très particulier. Depuis, le programme d’éducation interactif qu’il contenait a été expérimenté dans des écoles scandinaves. Même le MoMA de New York a intégré l’application à sa collection permanente. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là. Je me sens détendue, désormais, vis-à-vis de Biophilia.

As-tu pensé Vulnicura, ton nouvel album, comme une réaction à ce projet très expérimental ?

Je me lasse assez vite, donc mes albums peuvent facilement se construire en opposition au précédent. Certaines choses s’inscrivent toutefois dans une continuité : ma façon de travailler la voix, par exemple. Mais Vulnicura est un album plus traditionnel d’un point de vue du songwriting. Il est très différent de Biophilia.

Comment décrirais-tu Vulnicura ?

Cet album parle de ce qui peut arriver à une personne à la fin d’une relation. Il raconte les dialogues qu’on peut avoir dans la tête et dans le cœur, le processus de guérison, ce genre de choses.

As-tu l’impression de revenir à quelque chose de plus classique musicalement, de t’être concentré sur les chansons plutôt que sur le projet global ?

C’est parfois difficile de contrôler exactement ce qu’on fait. Quand tu passes beaucoup de temps à écrire des chansons, il faut parfois un moment supplémentaire pour comprendre ce qu’elles représentent collectivement. Le travail accompli peut alors prendre une tournure imprévue, faire émerger quelque chose qui relève de l’inconscient.

Tu as produit Vulnicura avec Arca, qui a récemment travaillé avec Kanye West et FKA Twigs. Comment est née cette collaboration ?

C’est lui qui est entré en contact avec moi. C’était il y a un an et demi. A l’époque, je n’avais rien écouté de son travail avec FKA Twigs ou Kanye West. Mais je l’ai tout de suite beaucoup apprécié en le découvrant. Il est venu me voir en Islande. A partir de là, ça a été très rapide, on ne s’est pas arrêté de travailler sur l’album.

C’était important, pour toi, de travailler avec quelqu’un de très jeune ?

Non, l’âge est un détail. Quand on s’est rencontré, ce fut une simple réunion de deux nerds de la musique. On s’est échangé des playlists, on a beaucoup discuté. Il y a eu une connexion. Au-delà de nos âges, nous avons beaucoup de points en commun, que ce soit musicalement ou émotionnellement. Je me suis rendu compte qu’il connaissait très bien mon travail – et même mieux que moi, probablement.

Tu as également travaillé avec The Haxan Cloak.

On s’est rencontré grâce à un ami commun. Je l’ai découvert sur scène au moment où j’avais besoin d’un ingénieur pour le mixage. Je lui ai donc demandé s’il serait intéressé. Il a accepté.

Que peux-tu dire de cette rétrospective au MoMA ? Tu n’as pas peur de devenir une pièce de musée ?

On m’a proposé cette rétrospective il y a quelques années, mais à l’époque ça ne m’intéressait pas beaucoup. J’ai été très flattée évidemment, mais je trouvais compliqué de présenter ma musique dans un musée consacré aux arts visuels. Depuis, le MoMA a continué à me proposer de collaborer avec eux. Il y a deux ans, j’ai fini par accepter le projet, qui est piloté par des gens très biens. Ce n’est pas ma propre vision de mon passé, et c’est tant mieux.

Maxime de Abreu

publié dans Les Inrockuptibles n°999 - 21.01.2015

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