Debut

Dès le premier titre de Début, Human Behaviour, l’ambiance est installée : Björk a atteint une indéniable maturité. Human Behaviour est un chef-d’œuvre de délicatesse, une magnifique ode légèrement " groovy ", comme Björk saura en écrire ensuite, un merveilleux pied de nez à sa carrière des Sugarcubes, un changement de direction à 180°.

Cependant, Björk ne sait pas encore où elle va avec cet album. Tout s’est passé très vite depuis la fin des Sugarcubes, Le petit ami " 1992 " de Björk, Dom T, est un ami de Nellee Hooper, célèbre producteur-gourou de Soul II Soul et Massive Attack. Dom T persuade Hooper de rejoindre Björk pour l’aider dans sa toute nouvelle carrière solo. Björk, qui s’installe dès 1993 à Londres, pour côtoyer " l’industrie " au plus près : les maisons de disques, les concerts, les studios... Reykjavik est bien loin.

Intéressé par le potentiel vocal de Björk, Nellee Hooper accepte la donne : il produira l’album solo de Björk. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Björk, outre la présence importante de Hooper, est très bien entourée. Marius de Vries aux programmations, Talvin Singh aux tablas, Howie B. à la coproduction pour n’en citer que quelques-uns.

Björk ne sait pas très bien où elle va, et ses textes s’en ressentent presque avec des allusions curieuses, comme dans Human Behaviour (There’s definitely no logic/to human behaviour/but yet so irresistible) ou Big Time Sensuality (’don’t know my future after this week-end and I don’t want to), et l’album aussi, avec de multiples directions musicales. Si Venus as a Boy sonne " oriental " avec la présence des arrangements de cordes de Talvin Singh, There’s More to Life Than This est une hilarante tentative de disco enregistrée... des toilettes d’un bar, tandis que Come to Me fait appel aux tablas de Singh pour une belle chanson d’amour que l’on croirait presque dédiée au fils de Björk, Sindri. Citons enfin Violently Happy, ritournelle house parfaite, qui servira de conclusion à ses concerts, transformant les salles en rave parties endiablées ! Les tentatives sont diverses, mais le travail reste identique ; un gros effort est fait sur la production et les arrangements, comme en témoigne la superbe composition The Anchor Song, fondée sur des arrangements de cuivres, ou Aeroplane, petite envolée exotique sur tapis de cuivres, ou un autre sommet de l’album, la reprise de la chanson de Burke/Van Heusen, Like Someone in Love, qui nous fait goûter du " Earing guitar like someone in love " sur fond de... harpe !