Cannes 2000. Palmée d’or dans sa robe de fée, Björk célèbre d’étrange façon, mi-oisillon blessé mi-diablotin, le film qui la propulse en haut des mythiques marches. On ne la reprendra plus à faire l’actrice, dit-elle, et toute l’affaire Dancer in the dark fut, à l’entendre, une sorte de calvaire. La vision de l’exceptionnel mélo expérimental que Lars von Trier a littéralement tiré de sa difficile muse d’élection laisse partagé quant à ce nouveau voeu d’abstinence. Les chances que Björk réédite à l’écran une performance de ce niveau sont en effet infimes, voire nulles. Selma, la petite ouvrière rêvant de comédie musicale et sacrifiant sa vie pour son fils, lui collera toujours à la peau.
Redevenue chanteuse, exclusivement, insiste-t-elle, notre comédienne de l’année livre en septembre, en attendant son prochain album ses Selmasongs, soit les chansons de la BO remixées à son goût, soldant trois ans d’émotions extrêmes. Et le 18 octobre, chacun pourra juger avec Dancer in the dark des transports que procure l’action conjuguée de l’oeil von Trier et de l’inouï phénomène Björk, tout entière et comme jamais voix, corps, féerie.