Le Progrès

Aux Nuits de Fourvière, hier soir, le monde selon Björk

La chanteuse a présenté un spectacle singulier, baroque et enchanteur. A son image…

Est-ce qu’un concept peut produire un concert ? Est-ce que « Biophilia » peut prendre corps sur scène ? La chanteuse islandaise a déjoué le piège en ne retenant de son dernier album qu’un parti pris musical, et englobant les chansons de « Biophilia » dans un set finalement assez spectral.

« Elle est un peu givrée mais j’adore »

Si l’album évoque une sorte d’exploration multimédia de la musique, de l’écosystème et de la technologie, le concert n’est qu’un concert. Mais d’un genre plutôt particulier…

Trois fées aux pieds nus montent sur scène, dans de longues robes brillantes. Elles entament une mélopée, mélodique lancinante. Puis Björk fait son entrée, dans une robe bleue électrique, coiffée d’une improbable chevelure bicolore. Un genre de Schtroumpf, en plus sexy… La chanson qui suit est « Cosmogony », issu de son dernier album « Biophilia », qui donne aussi son nom à la tournée. Une rythmique de mitraillette, des chœurs, un mellotron : toute la singularité du propos musical de cet album est résumé là.

« Ce n’est pas une chanteuse, c’est une artiste, c’est pour cela que je l’aime. Elle ne se contente pas des huit notes habituelles et de trois accords montés en boucles pour écrire une chanson. Elle invente un univers. Elle est un peu givrée, mais j’adore », explique Agnès, une enseignante lyonnaise ravie de découvrir Björk « dans le plus bel endroit de Lyon ».

Björk jouera de larges extraits de son dernier album, de « Thunderbolt » à « Crytalline », mais elle joue aussi « Hidden Place », le single issu « Vespertine », et quelques titres plus anciens. Des versions épurées, mises en abymes, portées par ces chœurs élégiaques et des rythmiques entêtantes. Et surtout habitées par la voix tellement évocatrice de Björk, entre candeur et arrogance, puissance et habilité. D’abord un peu décontenancé, le public de Fourvière est finalement entré dans son monde…

publié dans Le Progrès - 01.07.2012

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