« Définitivement dans la nature. Même si je vis dans une ville européenne cosmopolite comme Reykjavik, j’habite au bord de la mer et j’essaie de marcher une heure tous les deux jours environ. Toutes ces épidémies de notre époque — l’isolement, la solitude, l’usage excessif du téléphone — j’ai l’impression que si vous pouvez simplement marcher une heure, elles ne vous sembleront pas aussi terribles. Je ne dis pas que cela peut résoudre tous les problèmes du monde, mais peut-être 60 % ! Ensuite, vous pouvez vous occuper des 40 % restants… c’est là que je trouve mon espoir. »
Une Björk méconnaissable mais dans un costume somptueux, l’un des plus élaborés du film précisent les notes de production. Il est le fruit d’un mélange entre les tuniques en lin, les robes brodées des femmes slaves et les tenues de bataille en peaux de bêtes, leurs têtes incluses. Sa longue robe est entièrement recouverte de broderies. Sa jupe ouverte consiste en un assemblage de ceintures en laine et de clochettes. Ses bracelets sont faits en écorce de bouleau. Ils sont retenus par des bandeaux tressés. Elle porte à son coup plus d’une dizaine de colliers et sur sa tête une très imposante coiffe en épis d’orge.
À propos de son personnage dans le film The Northman
La devineresse n’a plus l’usage de ses yeux. En lieu et place des orbites vides, deux coquillages confèrent à son personnage un caractère inquiétant, voire mystique.
** SPOILER ** La scène est très courte, mais décisive pour la suite. La devineresse connaît l’histoire d’Amleth. Elle sait d’où il vient. Elle sait aussi qu’il s’était promis de venger son père et de sauver sa mère. (...) La devineresse est là pour le ramener dans le droit chemin et relancer la soif de vengeance d’Amleth. “Rappelle-toi de ton sermon”, lui lance-t-elle, avant de lui souffler que “nul ne peut échapper à son destin”.
Les paroles de Björk font effet. (...) L’aventure peut vraiment commencer. ** SPOILER **
Björk à propos de l’influence de Londres sur son travail
I’m still on my same indie label. When I went to London first in the 90s, I felt like “oh, I found my music” - It was really perfect timing for me because I’d been listening at home to like Kate Bush, Brian Eno, a lot of electronic music, Soft Cell. I was basically obsessed with electronic music but none of my friends were sort of listening to that but when I went to a rave in Manchester in ’89 and I was like “oh my god there’s a warehouse with people just playing just that electronic music all night.” Basically, all my dreams came true and I feel like I just discovered my branch on the musical tree which is basically electronic music I guess. And I’m sort of still on that branch — very happy there because a lot of other people have joined that branch after that that were from the next generation.
« Directrice artistique » et « créatrice d’univers » sont des termes que Björk a adoptés récemment, après s’être adaptée à la pratique du monde de l’art visuel qui consiste à créditer chaque contributeur. « C’était vraiment intéressant de devoir attribuer tous ces crédits, parce que dans le monde de la musique, nous ne faisons jamais vraiment ça », explique-t-elle. […] C’était compliqué d’analyser tout cela et de trouver un titre pour moi-même. Puis [FKA] twigs, Eartheater et Rosalía ont sorti leurs albums, et je me suis dit : “Oh, elles font la même chose !” C’est comme le rôle traditionnel de l’auteur-compositeur-interprète : très souvent, vous allez réaliser un clip avec quelqu’un et vous devenez en quelque sorte directeur artistique avec cette personne. Nous n’appelions simplement jamais cela comme ça dans les années 1990. »
Je refuse l’idée qu’il existe un art supérieur et un art inférieur. Pour moi, tout est équivalent : je peux être en train de me déchaîner dans une rave à Smekkleysa, puis le lendemain aller à Harpa écouter un concerto pour piano.
La quantité de larmes versées à Sydney par les spectateurs, le casque vissé sur le crâne, nous a convaincus, James Merry et moi, que nous étions sur la bonne voie.
I tried to imagine if my grandmother or somebody would put the headset on and they hated VR, (...) And if I would first play them Stonemilker and then Lionsong, Black Lake, and go through all the songs … by the time they would get to Notget they would be like : ‘Yeah this feels organic. This is like drinking milk.
« Avec les humains et les outils, le but premier a toujours été de prolonger ce qu’ils sont, d’exprimer ce qu’ils ressentent », explique Björk. « Au début, tout était maladroit : vous aviez un couteau, la roue, le feu, peu importe ce que c’était, puis cela est devenu plus raffiné et plus complexe. C’est aussi ça, la technologie : au départ, elle est maladroite et il faut traverser la question morale, la question de la justice, celle de savoir si elle possède une âme, puis trouver une manière d’y insuffler du sens. Nous traversons toujours cette prophétie catastrophiste du type : “Oh, il n’y aura plus jamais d’âme !” Mais je pense que nous devons tous trouver notre réponse au fur et à mesure. »
« Nous aurions simplement pu appuyer sur un bouton avec l’IA et créer cela en une minute, mais nous avons choisi de ne pas le faire », explique-t-elle. « Cela nous a pris huit mois, et chaque petite scène a été réellement travaillée et conçue sur mesure, comme un modelage. Je ne dis pas que la solution à tous les problèmes liés à l’IA est de passer huit mois sur quelque chose pour que cela devienne acceptable ! Ce que je veux dire, c’est qu’il faut y mettre du sens. Globalement, l’IA n’est pas si performante : il faut l’observer, la modifier, la déplacer pour obtenir quelque chose d’intéressant. »
En portant un masque, je me sens plus protégée. Je sens que je peux être davantage moi-même et j’accepte le fait qu’une partie de mon travail est d’être publique.
« Je suis très, très superstitieuse concernant le karma. Je pense vraiment que c’est : on récolte ce que l’on sème. Il faut respecter les énergies et les organismes créatifs. »