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Björk à Montréal : un DJ set inégal

C’est en tant que DJ que Björk s’est produite sur la scène du Cirque Éloize de Montréal, mardi, dans le cadre du festival Red Bull Music Academy. Et que vaut la plus célèbre des chanteuses islandaises derrière les platines ? Voici un résumé de la soirée en huit points.

1. UNE ARTISTE PONCTUELLE

C’est à 21 h précisément que l’interprète de Bachelorette est arrivée sur une minuscule scène entourée de plantes, installée tout au fond de la salle du Cirque Éloize. Une ponctualité qui en a surpris plus d’un. « Est-ce que c’est vraiment elle ? Ma foi, elle est pile à l’heure », s’est étonnée une spectatrice qui n’en revenait pas qu’un « DJ set » commence réellement à l’heure indiquée...

2. DES HABITS ET ACCESSOIRES ORIGINAUX

Fidèle à sa réputation d’artiste originale, Björk est apparue sur scène dotée d’un masque orné de perles et de pierres sur le visage. La luminosité ayant été très faible tout au long de la soirée, il était quasiment impossible de distinguer tous les détails de ce masque-bijou. Mais cela conférait à la chanteuse islandaise son petit air excentrique qui est, comme on le sait, sa marque de commerce.

3. UNE PREMIÈRE HEURE UN PEU ENNUYANTE

La première heure du « DJ set » de Björk était vraiment très « relax », peut-être même un peu trop... L’ambiance était planante, voire ésotérique, grâce à des sons organiques, des bruits d’animaux ou encore le souffle du vent. Quinze minutes, ça aurait pu être sympathique, mais une heure, c’était trop. Le public n’a pas vraiment adhéré... En bref, c’était ennuyeux.

4. APRÈS UNE HEURE, TOUT ALLAIT MIEUX

Après la première heure, la soirée a pris une tout autre tournure. Björk a délaissé la musique de méditation/relaxation au profit de sons plus rythmés sur lesquels on pouvait (enfin !) danser. Et le public n’a pas hésité à montrer son enthousiasme en sifflant et en applaudissant lorsque déferlaient les rythmes électro tribaux/house décousus, mais diablement efficaces.

5. CHANTS TRIBAUX ET MUSIQUE DU MONDE

Björk semble aimer le mélange des genres et la musique du monde. L’artiste de 50 ans n’a pas hésité à intégrer dans sa liste des chants tribaux africains et arabes, une reprise en hindi du célèbre titre I Will Survive de Gloria Gaynor ou encore un classique du cinéma Bollywood Lambi Juudai. Björk n’a pas hésité une seconde à délaisser ses platines pour se déhancher aux rythmes tantôt endiablés, tantôt langoureux, de ces chansons.

6. UN JOYEUX AMALGAME

Dans le courant de la soirée, la chanteuse-DJ a mélangé des titres électro plus ou moins obscurs à des morceaux plus « mainstream » comme un remix de How Will I Know de Whitney Houston, How Deep Is Your Love de Calvin Harris ou encore Into You d’Ariana Grande. Ce dernier titre a engendré quelques cris d’excitation au sein du public, alors que d’autres (plus hipsters) ont échangé des regards médusés. On a même eu droit à quelques morceaux à consonance hip-hop, RnB et même dancehall...

7. ELLE N’A PAS DIT UN SEUL MOT

De son arrivée sur scène à 21 h jusqu’à son départ un peu plus de trois heures plus tard, Björk n’a pas adressé un seul mot au public. Mais elle a tout de même échangé quelques regards complices avec les chanceux qui ont réussi à se poster juste en face de la scène. Avant de partir, elle nous a même gratifiés d’un chaleureux au revoir avec sa main droite. Mais on ne lui en veut pas. Le mystère fait partie intégrante du personnage.

8. UN JOYEUX N’IMPORTE QUOI

Au final, si on fait abstraction de la première heure, le « DJ set » de Björk était intéressant et sympathique. D’autres adjectifs comme varié, incongru, inégal, brouillon, dansant ou encore hypnotisant nous viennent en tête lorsqu’on repense à la soirée. Impossible de tout aimer, mais voir Björk en chair et en os au moins une fois dans sa vie est une expérience à part entière.

John Naïs

publié dans Canoe - 26.10.2016

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