23.09.2016

Interview de Björk pour Noisey

À l’occasion de l’exposition Björk Digital à Londres, Björk s’est entretenue par téléphone avec Noisey.

Lors de l’interview, elle a abordé l’intimité créée par la réalité virtuelle :

Tout dépend du contenu, la réalité virtuelle peut être très effrayante et isoler les personnes, mais elle peut être aussi l’opposé : créer de l’intimité, de la proximité. C’est donc à nous de penser ce contenu. De la même façon, les livres peuvent être également vus comme une source d’isolement, non ? Par exemple, les férus de livres dans ma famille, ne sont pas vraiment des experts en communication humaine, si quelque chose ne va pas, ils iront s’isoler dans une pièce pour lire. La réalité virtuelle est comme les livres : il y a de mauvais livres et il existe des chefs d’œuvres qui vous marquent à vie. Et c’est encore plus vrai avec la musique, si un musicien a la possibilité de vous jouer sa musique, d’une manière intime, rien que pour vous. Cela peut vraiment vous toucher, presque plus qu’un concert.

Björk s’est exprimée sur les nouvelles opportunités pour les musiciens et les artistes grâce à la réalité virtuelle et aux technologies :

Il y a peu de choses positives qui se produisent dans le domaine musical en ce moment. Je suis chanceuse, j’appartiens à la génération qui a un toit. Lorsque j’observe les jeunes de 20 ans, leurs perspectives sont sombres. J’ai cette théorie qu’au départ, tous les systèmes veulent être bons. Le communisme et le capitalisme voulaient réparer le monde ; puis ils sont devenus mauvais, ils se sont figés dans la routine et la bureaucratie et les mauvaises personnes les ont manipulés pour leur propre intérêt. C’est toujours la même histoire qui se répète. Il s’est passé la même chose dans l’industrie musicale. Aujourd’hui, je vois de nouvelles opportunités grâce à la technologie ; la réalité virtuelle et les caméras 360° offrent d’énormes possibilités. Un jeune musicien peut donner un concert depuis sa chambre à un public à l’autre bout du monde ! C’est une autre manière de se faire connaître, de se libérer des carcans et de faire des choses plus intimes. De la même façon que Skype a révolutionné le téléphone : la réalité virtuelle est le Skype à 360°.

Sans oublier de parler du son à 360 degrés :

On parle toujours plus du côté visuel. J’y suis habituée. Mais le son à 360° est une chose vraiment excitante pour un musicien. Mixé un morceau en stéréo est souvent une recherche de compromis, alors qu’à 360° le son vous entoure et cela permet de briser les limites des technologies précédentes. Les technologies se succèdent et apportent à chaque fois un peu plus de liberté, afin de construire une œuvre toujours plus proche de son idée originelle.

En conclusion, elle est revenue sur l’écriture de Vulnicura VR, mais également sur l’avancée du prochain album.

Vulnicura est différent de mes autres albums. Je l’ai écrit plus vite que tous les autres, et je voulais aussi en finir au plus vite. C’est l’album pour lequel j’ai fait le moins de concerts, parce que je n’aime pas me plaindre. Donc, j’ai fait quelque chose comme douze ou quinze concerts... (ndlr. 17 pour le moment) Je me suis demandé s’il y avait une autre façon d’aborder les choses ? Si je me filme en réalité virtuelle en train d’interpréter ces chansons, alors je n’aurai à le faire qu’une seule fois. Au lieu de monter sur scène à chaque fois, je pourrai exposer ces vidéos. Cela me permet de me concentrer sur des énergies plus positives et écrire de nouvelles chansons. Au lieu de me complaire dans une merde négative, j’écris de nouvelles choses, c’est beaucoup plus productif. Je consacre la plupart de mon temps à mon nouvel album, qui en est à un stade assez avancé.

Lire l’article complet en anglais sur noisey.vice.com

 
 

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