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Björk, la castafjörd au-dessus du volcan

Artiste avec un grand A, Björk n’en fait qu’à sa tête et ça lui réussit plutôt bien.

Avant son concert au Pukkelpop, on pouvait lire le message suivant sur l’écran géant installé sur le Main Stage : "Björk vous demande de ne prendre aucune photo et aucun film pendant son show car ça la perturbe et perturbe aussi les autres spectateurs. Elle préfère que le public participe pleinement à sa prestation. Des photos de son concert seront disponibles gratuitement sur son site Internet." Ce qui pourrait passer pour un caprice de diva s’avère en fait un judicieux conseil.

Car pour rentrer pleinement dans l’univers de la chanteuse islandaise, il faut un minimum de concentration et, surtout, i faut oublier tout le reste. Mais au bout de cet effort, quel plaisir inoubliable, quelle expérience rare, quel voyage intense !

Exigeante, cérébrale, arty... Il y a un peu de tout ça dans la performance qu’elle nous a offerte ce jeudi soir. On connaît peu de pop stars de ce niveau à oser présenter un répertoire d’une telle audace dans un festival de masse : peu de tubes dans la setlist (Hunteren début de concert, Possibly Maybe en rappel), pas moins de huit extraits de "Biophila" qui n’est pas vraiment ce qu’elle a fait de plus accessible, peu de repères pour les amateurs de chansons pop, beaucoup de maniérisme dans l’interprétation mais, finalement, un concert parfaitement cohérent pour celui qui connaît son parcours.

Habillée en poulpe visqueux et coiffée d’une perruque bleue à donner un infarctus à Lady Gaga, Björk délivre ses morceaux qui sont autant d’appels à la nature, à la liberté et au retour des valeurs fondamentales. Les écrans diffusent des images de désert de lave en fusion, de paysages surréalistes, de fonds marins aux couleurs vives et de rochers qui se disloquent dans le vide. Derrière elle, un batteur, un savant fou qui tripote sur son laptop et une chorale féminine. Tantôt, on croit entendre un choeur inuit, tantôt on s’imagine dans une loge confortable d’un opéra underground, tantôt encore, les vocalistes deviennent party harders et se trémoussent comme si elles évoluaient sur un dancefloor imaginaire.

Björk pousse ses petits cris, monte moins haut dans les aigus qu’il y a dix ans et est toujours craquante lorsqu’elle accomplit ses petits pas de danse frénétiques. Elle lance des "merci" en français, dédie une chanson à un volcan et conclut son rappel par le judicieux Declare Independence en hommage à Julian Assange, fondateur de Wikileaks. Le genre de concert que nous ne sommes pas prêts d’oublier et sans doute l’un des grands moments de cette 27è édition, si pas de toute l’histoire du Pukklepop.

Luc Lorfèvre

publié dans Moustique.be - 17.08.2012

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