Le Figaro

La païenne liberté de Björk

Sortie cette semaine de son nouvel album, « Volta », comme d’habitude révolutionnaire.

Lorsque le Belge Vincent Kenis a rapporté du Congo le disque extraordinaire de Konono n°1, groupe bricolant l’électrification des instruments de la tradition (voir l’édition du 22 juillet 2005), on n’imaginait pas que ce son-là atterrirait dans une chanson produite par Timbaland, producteur de ­Justin Timberlake ou Snoop Dogg. Pourtant on entend les likembés électriques de Konono n°1 dans Earth Intruders, la chanson d’ouverture de Volta, septième album studio de Björk, paru cette semaine (chez Universal).

Le casting de ce disque est significatif, avec Min Xiao-Fen au luth pipa, Toumani Diabaté à la kora, les fidèles Mark Bell ou Damian Taylor derrière les manettes, Timbaland comme stagiaire en outrance... La surprise est surtout dans la puissance de feu de Volta : la folie de la pochette et les costumes cinglés que Björk arbore, les clameurs de « turmoil ! carnage ! » dès les premières secondes, l’ampleur cinématographique de l’orchestre à vents ou des bruitages de port entendus çà et là, la puissance des rythmiques. Une fois de plus, la révolution. Depuis Debut, son premier album, en 1993, on a pris l’habitude de guetter les sauts que Björk impose aux musiques populaires, comme ces dompteurs des contes qui savent aussi bien domestiquer le loup féroce que faire danser le boeuf paresseux d’une étable de hasard.

Une radicalité intimidante

Ses disques ont une pente parfois raide, une radicalité parfois intimidante, mais ses concerts entrent immédiatement dans la légende, de la Sainte-Chapelle de Paris aux arènes de Nîmes, comme des célébrations d’un panthéisme électrique, aussi cérébral que sensuel. On prendra donc Declare Independence, une de ses nouvelles chansons, comme le plus clair des manifestes de sa carrière : « Raise your flag higher, higher / Declare independence » (« Brandit ton drapeau plus haut, plus haut ; déclare l’indépendance »). L’indépendance chantée sur une tournerie frénétique et fiévreuse, une électronique saturée environnant la scansion de ce mantra païen. La plus étourdissante liberté de notre époque.

Bertrand Dicale

publié dans Le Figaro - 10.05.2007

 

Articles de la même année

 

2007

date
publication
titre
22.03.2007
Blender.com
27.03.2007
Les Inrockuptibles n°591
05.04.2007
XFM
17.04.2007
BrooklinVegan
18.04.2007
Rolling Stone FR
20.04.2007
Vibrations
21.04.2007
style.com
22.04.2007
The Observer
23.04.2007
lesinrocks.com
24.04.2007
Filter-mag.com
24.04.2007
drownedinsound.com
26.04.2007
Stylus.com
27.04.2007
The Guardian
27.04.2007
Music for robots
29.04.2007
NY Times
30.04.2007
Les Inrockuptibles n°591
30.04.2007
This is London.co.uk
30.04.2007
Metro uk
30.04.2007
Time off
01.05.2007
L’officiel
02.05.2007
TimeOut New York
04.05.2007
The Washington Post
04.05.2007
Hot Press
05.05.2007
The Telegraph
06.05.2007
New York Post
07.05.2007
Billboard
07.05.2007
AllMusic
07.05.2007
People Magazine
08.05.2007
Pitchfork
08.05.2007
Me-me-me.tv
08.05.2007
metromix.com
09.05.2007
BBC
10.05.2007
Le Figaro
11.05.2007
Les Inrocks2
12.05.2007
Sidney Morning Herald
14.05.2007
Magazine ELLE n°3202
25.05.2007
liberation.fr
31.05.2007
Bokson.net
01.06.2007
Keyboards Recording
07.06.2007
Spin Magazine
13.06.2007
Dummy Magazine
21.06.2007
telegraph.co.uk
01.07.2007
NightLife n°34
01.07.2007
remixmag.com
01.08.2007
Interview Magazine
13.08.2007
Fashion Rocks Magazine
23.08.2007
The List
01.09.2007
Mixte Magazine
04.09.2007
Q Magazine
09.09.2007
guardian.co.uk
10.09.2007
apple.com
17.09.2007
La presse (Quebec)
20.09.2007
Montreal Gazette
01.10.2007
Dazed & Confused n°54
01.11.2007
Harp Magazine